Sunday, July 16, 2006

La coupe d'amour

La coupe est pleine d’amour mais je ne peux en verser une goutte.
Une longue attente est rarement présente à l’esprit. Elle affleure parfois comme le rire ou la nostalgie. Elle est pourtant là, toujours, tresse en nous une rigueur oesophage et avale les heures et les jours.
Elle est tout le contraire de la mort. Je contemple ma pensée en éveil, sa force est surprenante.
Je vis dans l’attente et demeure impuissant. Rien à voir pourtant avec « l’impossibilité » telle qu’on la fête au banc du scepticisme. Ni la maladie, ou un quelconque dérangement de l’esprit... C’est un mûrissement, une « bonne nouvelle », une confiance que seule l’alternative au vieillissement peut offrir ; cette possibilité émanant des tréfonds de l’être « voulant » ; je veux parler de la confiance qui auréole les classes dominantes, celle que l’on jette aux enfants dans leur berceau... Celle-là, j’y ai renoncé, inconsciente, arrogante et injustifiable...
Non. Je savoure cette autre, fruit d’un travail constant, d’un dépouillement total... Un retour de pure énergie, une libération, un maelstrom qui ouvre enfin ses bras. L’attente sera longue, je le sais.
Mais voilà que le dessein de mon Tout s’est offert en pleine lumière ! Je me contemple bien avant l’essor et m’efforcerai de ne rien oublier le moment venu. L’énergie accumulée sera mon combustible.
Le bonheur est la force, non point le désir.

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